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LE NORMAL ET LE PATHOLOGIQUE

Actualisation 1 Mai 2004

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1 SANTÉ

    Le champ de la médecine

    Santé et maladie

        Le pathologique

        La guérison

        La normalité physiologique

        Folie

2 NORMES ET VALEURS SOCIALES

    Norme

    Normal

    Quelques concepts éclairant la notion de norme sociale

        Ethique

        Morale

        Anomie

        Assimilation sociale

        Filiation

    Tableau (non exhaustif) répertoriant les tendances « normales » admises par la majorité des citoyens français        

    métropolitains

    Conformité et déviance

 

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1 SANTÉ

Si, depuis le développement de la pathologie, on n’emploie plus le mot de maladie(s) qu’au pluriel, a survécu trop longtemps la notion de santé (au singulier), concept vide mais unique pour lequel on s’efforce de trouver alors une espèce de contenu qui sera, par exemple, l’existence d’une force biologique intérieure à l’individu, d’où la résistance à «la» maladie.

 Au regard de la connaissance théorique, le pathologique possède en quelque sorte une réalité positive, que l’on peut décrire, analyser, caractériser, alors que le «normal» a la signification négative consistant à indiquer une limite à l’intervention thérapeutique, limite au-delà de laquelle le consultant est renvoyé à lui-même, à ce qu’il cherche, à ce qu’il veut. Au contraire, les représentations collectives du fou s’appuient sur une connaissance positive des normes sociales, à partir de laquelle elles définissent négativement l’anomalie. Et, comme seul un comportement peut être soumis à des normes, l’opinion publique est préoccupée par le comportement des anormaux, des criminels et des pervers. Il est clair que l’opinion publique confond ici le symptôme et la maladie. Un comportement n’est pas une maladie, il ne peut être qu’un symptôme. La fascination ou la phobie du symptôme est inévitable puisque, au regard de la prudence collective, le fou n’a plus rien qui lui soit moralement ou personnellement imputable; il est irresponsable, hors de son bon sens, hors de soi. Cette définition par expulsion a quelques avantages, mais elle a aussi des inconvénients. Nous disons du malade mental: «Il est un peu parti.» Dans l’Afrique de l’Ouest, cela doit s’entendre littéralement: «partir en brousse» est une expression consacrée, un des comportements que l’on attend du fou. Le pauvre diable se conforme souvent à cette conduite stéréotypée, quasi suicidaire. On n’a pas attendu l’invention de l’hôpital pour reléguer les fous dans des lieux d’où l’on ne revient guère. Dans certains villages montagnards proches du Fouta-Djalon, lorsque le fou ne se décide pas de lui-même à partir en brousse, on l’emmène à la chasse où, comme chacun sait, il arrive des accidents dont on ne revient pas. Sans doute, il est exact que la vie campagnarde est tolérante aux simples d’esprit et que la religion offre un emploi aux âmes tourmentées, mais, quand le seuil de tolérance est atteint, il ne reste à celui qui est sorti du sens commun qu’à mettre en acte sa propre définition.

 

Le champ de la médecine

S’il faut prendre acte du caractère idéal de la norme comme du caractère relatif de la santé et comprendre qu’elles sont la réponse de la médecine à une commande toujours variable des individus, cela n’est pas sans poser des problèmes sur la frontière du normal et du pathologique.

Santé et maladie

Le pathologique

 

Il ne faut pas s’étonner de l’illusion commune selon laquelle la santé, l’état normal, serait un état définissable et descriptible à partir duquel on pourrait considérer la maladie comme une déviation. Cette confusion s’explique par les circonstances historiques.

Au sein du milieu dit naturel, dans les collectivités primitives où s’est constituée la médecine, la notion de normal s’est confondue avec l’état antérieur euphorique du sujet qui venait de tomber malade. Comme ces collectivités sont presque uniquement composées de sujets jeunes et que les seules maladies reconnues sont des accidents aigus (grand épisode fébrile, maladie infectieuse ou parasitaire, traumatismes), la différence était évidente entre l’individu qui vaquait normalement à ses occupations et le grand fébricitant ou le sujet immobilisé par une fracture. Pour l’individu qui est passé brusquement de l’état d’euphorie à un état de malaise grave, normal et pathologique sont des notions pleine de sens. Pour les «médecins» de ces temps anciens, il était parfaitement sensé de décrire, d’une part, les différentes maladies, c’est-à-dire l’état des gens blessés ou fiévreux, et, d’autre part, l’état des individus qui ne ressentent aucun malaise; autrement dit, il semblait logique de faire une description de l’homme normal et une description des maladies. Le normal ainsi défini a une expression statistique: à un instant donné, le nombre des gens qui ont une maladie infectieuse évidente ou une séquelle de fracture est moins élevé que le nombre des gens qui vaquent normalement à leurs occupations.

Cette notion n’est plus soutenable aujourd’hui, où l’on appelle «maladie» des altérations (telle que la carie dentaire), qui sont infiniment plus fréquentes que l’état de santé.

D’autre part, si l’on examine systématiquement une population, on y découvre des tuberculeux, des hypertendus latents. Ces sujets étaient considérés comme bien portants, jusqu’au moment où ils étaient victimes d’une évolution rapide. Certaines maladies touchent peu la longévité; ainsi, les anomalies de la réfraction ou encore le diabète sous contrôle thérapeutique.

 

La guérison

Un individu guéri est un individu qui a cessé d’être malade. Il s’agit ici d’obtenir un résultat pratique: recueillir l’approbation à la fois du médecin, du malade et de son milieu social. On imagine assez que la guérison n’a pas le même sens pour chacun des trois. Le médecin a tendance à tenir pour guéri tout sujet chez lequel il ne constate plus les signes à propos desquels il a été appelé à intervenir. Mais il dit «guérison» quelquefois trop tard, d’autres fois trop tôt pour le malade et son entourage (dont les points de vue peuvent différer). Le diagnostic de guérison semble considéré comme trop précoce lorsque le sujet ne se sent pas capable de reprendre une vie normale, alors que le médecin ne se sent plus utile, et trop tardif lorsque le médecin refuse d’accepter l’opinion du malade qui se croit guéri. Dans le second cas, on a aujourd’hui tendance à donner raison au médecin; de même qu’on trouve parfois des signes objectifs de maladie grave et évolutive chez un sujet qui ne ressent rien, de même il est fréquent, surtout grâce aux thérapeutiques actuelles, que les malades se sentent améliorés bien avant que leurs lésions aient cessé d’être actives. Dans le premier cas, on peut estimer que le malade a raison: la guérison n’est obtenue qu’avec le retour à la vie sociale, aussi normale que possible, et la thérapeutique doit comprendre notamment la réadaptation à l’effort, à la vie familiale et professionnelle, préparée dès le début du traitement dont elle constitue une dimension capitale. En somme, guérison sociale et guérison biologique se recouvrent de moins en moins. On tend de plus en plus à autoriser une vie normale, sous couvert d’une thérapeutique adaptée (par exemple médicamenteuse) à un certain nombre de malades encore évolutifs: ceux-ci seront ainsi guéris socialement avant de l’être biologiquement et, parfois même, bien qu’ils soient biologiquement incurables.

La guérison présente des types très divers. Le premier type est la restitutio ad integrum: une grippe, une angine aiguë disparaissent sans laisser de trace. Le second type est la cicatrice; elle peut être bénéfique: la rougeole guérie laisse derrière elle une «cicatrice» humorale, une immunité solide; elle peut aussi être indifférente, comme la cicatrice déprimée d’un furoncle ou d’une plaie contuse. Par malheur, cette cicatrice peut laisser un trouble fonctionnel. Ce trouble peut être d’emblée fixé (l’amputation d’un membre, par exemple). D’autres fois,

Il est évolutif, progressif; ainsi, certaines maladies comme la syphilis nerveuse ne se font pas remarquer lors de leur période évolutive: les cellules sont détruites sans qu’on perçoive de symptômes anormaux, et c’est seulement la dégénérescence consécutive de faisceaux nerveux qui est à l’origine de troubles fonctionnels. Dans ce cas, le diagnostic n’est fait qu’après la bataille, devant des troubles qui sont, au fond, cicatriciels. De même, l’atteinte des artères ne se démasque qu’une fois le vaisseau obstrué et la zone qu’il irrigue nécrosée (infarctus du myocarde, ramollissement cérébral, gangrène de jambe). La guérison laisse parfois une cicatrice elle-même évolutive: ainsi les cicatrices de brûlures et, surtout, les cicatrices de radiodermite ont tendance, au bout d’un certain nombre d’années, à se cancériser.

 

La normalité physiologique

Aux âges où maladies et infirmités sont exceptionnelles, on peut mesurer les constantes biologiques des individus apparemment bien portants et en tirer une description dite physiologique de l’homme «normal». Encore faut-il n’accepter qu’avec prudence la signification de cette description. Le fait que l’espérance de vie ait triplé en un siècle dans le monde occidental, que la taille de l’Occidental moyen ait augmenté de plusieurs centimètres en trois quarts de siècle, met en évidence les variations écologiques de l’homme «normal», variations dont on ignore encore l’amplitude réelle.

On analysera à titre d’exemple la notion de poids normal. Ce qui a d’abord frappé les esprits est l’amaigrissement, considéré comme signe de mauvaise santé, car on confondait amaigrissement et maigreur. Or, si la maigreur peut être constitutionnelle, morphologique, l’amaigrissement est toujours dû à une cause précise. Il a fallu la disparition des famines et l’allongement de la durée de la vie humaine pour que se pose, en Occident, le problème des gens trop gros. On s’est rendu compte que ces individus étaient essoufflés, qu’ils devenaient souvent diabétiques, qu’ils étaient de très mauvais «cas» opératoires; et, peu à peu, on a acquis l’impression que l’obésité était aussi une maladie. Cette impression n’est devenue notion scientifique que plus récemment. Les statistiques de mortalité des compagnies d’assurances sur la vie ont, en effet, montré que la survie des sujets d’un certain poids était, à âge égal, moindre que celle des sujets de poids inférieur. Ces constatations firent apparaître une donnée inattendue. Par la pesée systématique d’individus apparemment bien portants, on s’était fait une idée approximative du poids «normal» et on a d’abord étudié le surcroît de mortalité des individus qui étaient au-dessus de ce poids «théorique». Puis, sans idée préconçue, on a comparé la mortalité en fonction du poids; on s’est alors aperçu qu’il n’y avait pas de limite inférieure du poids normal, car, parmi les poids réels des personnes acceptées par l’assurance (ce qui exclut les malades évidents, les amaigris), il n’y avait pas un poids au-dessous duquel le risque de mortalité augmentait de nouveau.

Folie

Le terme de folie, bien antérieur à l’institution du langage scientifique de la psychiatrie moderne, n’a jamais eu vraiment cours dans celui-ci. Cette relative incompatibilité a une très grande signification. L’idée d’assimiler la folie à une maladie, de vouloir coûte que coûte qu’elle soit semblable en son principe aux autres maladies, en dépit de différences qui demeurent irréconciliables envers et contre tout, cette idée, quoique fort ancienne, n’a jamais pu s’imposer absolument. Même l’emprise décisive que la pensée scientifique exerce sur la culture occidentale n’a pu parvenir à opérer cette complète assimilation. Le concept de maladie mentale ne recouvre donc pas purement et simplement celui de folie.

Bien que l’idée que l’Occident s’est faite de la folie ait connu de très importantes variations, elle n’a jamais cessé d’apparaître en liaison avec celle de la raison. La folie est l’autre de la raison, mais un autre dont le rapport à celle-ci varie selon les époques. La folie peut être un autre qui conteste la raison à l’intérieur d’elle-même. Elle peut être encore ce visage de ténèbres, cette certitude de mort, cette bête de désir, que la raison s’efforce de vaincre mais sur lesquels il n’y a pas de victoire définitive. Il y a donc une vérité de la folie, vérité tragique et d’avertissement. De là, l’extrême ambiguïté qui caractérise l’attitude de toutes les sociétés et de toutes les cultures vis-à-vis des fous. On les chasse, ou on les exhibe comme l’image de ce qui menace chacun. Ou encore, on leur donne la parole là où elle est retirée à tous les autres: les bouffons des princes et des rois. Elle témoigne de la perpétuelle illusion de l’homme, mais aussi de son contraire: «la folie de la croix». Le sage, tel Érasme, peut la regarder de loin et s’en divertir.

 

2 NORMES ET VALEURS SOCIALES

Norme

1. règle établie conformément à une moyenne, critère de référence, on parle aussi de valeurs sociales

2. règle précisant les prescriptions techniques à respecter dans la fabrication d'un produit

3. en droit, règle juridique

 

Normal

 Employé comme adjectif :

 1. qui est conforme à la moyenne, qui sert de référence, qui est communément admis et attendu dans un groupe humain ou une société donnée

 2. ordinaire, habituel, logique, naturel

 3. qui ne souffre d'aucun trouble pathologique

 Nous allons voir quelques principaux concepts se rapportant à cette opposition, nous n’utiliserons pas le terme pathologique dans son acception d’origine (Pathologique : employé comme adjectif, relatif à la pathologie ou à la maladie), ni la pathologie dans son rapport premier avec la santé (Pathologie: 1. étude des divers aspects des maladies; 2. ensemble des troubles liés à une maladie).

 Ici, nous nous situerons plutôt dans son aspect social, et à normalité nous opposerons le terme plus exact d’anormalité.

 

Quelques concepts éclairant la notion de norme sociale

Ethique

Pour tout le questionnement qui précède l’introduction de l’idée de loi morale. On parle de plus en plus d’éthique professionnelle qui sert de code moral à un groupe professionnel bien repéré, l’élaboration est interne à ce groupe.

 

Morale

Tout ce qui, dans l’ordre du bien et du mal, se rapporte à des lois, des normes, des impératifs.

 

Anomie

Le concept d’anomie forgé par Durkheim est un des plus importants de la théorie sociologique. Il caractérise la situation où se trouvent les individus lorsque les règles sociales qui guident leurs conduites et leurs aspirations perdent leur pouvoir, sont incompatibles entre elles ou lorsque, minées par les changements sociaux, elles doivent céder la place à d’autres. Durkheim a montré que l’affaiblissement des règles imposées par la société aux individus a pour conséquence d’augmenter l’insatisfaction et, comme diront plus tard Thomas et Znaniecki, la «démoralisation» de l’individu. De cette démoralisation, Durkheim voit le signe dans l’augmentation du taux des suicides. En effet, le suicide «anomique», qui vient de ce que l’activité des hommes est déréglée et de ce qu’ils en souffrent, a tendance à se multiplier en période de crise politique ou de boom économique. De même, il devient plus fréquent là où les mariages étant plus fragiles l’homme est apparemment plus libéré des contraintes morales.

Le concept durkheimien d’anomie a fait l’objet de réflexions et de recherches de la part des sociologues contemporains, comme Merton et Parsons. Mais le développement le plus intéressant, quoique plus ancien, de la théorie de l’anomie se trouve peut-être dans les travaux de Thomas et Znaniecki sur les effets de la transplantation sociale. Dans leurs études sur les immigrants polonais aux États-Unis, les auteurs ont montré que la transplantation provoquait une «désorganisation sociale» des familles et, corrélativement, une démoralisation des individus, qui mènent une existence dépourvue de but et de signification apparente. La théorie de l’anomie paraît d’importance fondamentale à une époque qui, comme la nôtre, est caractérisée par des changements rapides. En effet, le changement implique le vieillissement des règles de conduite traditionnelles en même temps que l’existence, dans les phases de transition, de systèmes de règles mal établies ou contradictoires. Il serait important de savoir dans quelle mesure le changement entraîne effectivement la démoralisation prévue par Durkheim, et dans quelle mesure cette dernière amène, à son tour, une détérioration des institutions. La théorie de l’anomie devrait donc pouvoir être appliquée à l’analyse du comportement des individus et du fonctionnement des institutions en situation de changement, comme elle a été appliquée à celles des conduites déviantes et des transplantations sociales.

L’anomie de Durkheim

Comme le rappelle le sociologue américain Robert K. Merton, le mot «anomie» est apparu au XVIe siècle à peu près dans le sens qu’il revêt aujourd’hui. Mais sa consécration est due à Durkheim, qui fait un usage systématique du terme dans sa thèse de doctorat, De la division du travail social, et dans son livre Le Suicide.

Une fois réintroduit par Durkheim, le mot a été largement accepté; il est devenu un concept important de ce qu’on appelle, sans doute improprement, la théorie sociologique.

 

Assimilation sociale

L’assimilation sociale est le processus par lequel un ensemble d’individus, habituellement une «minorité», et/ou un groupe d’immigrants se fond dans un nouveau cadre social, plus large, qu’il s’agisse d’un groupe plus important, d’une région ou de l’ensemble d’une société.

On est conduit ainsi à analyser le mécanisme d’adaptation des nouveaux venus et leur prise de conscience sociale, ainsi que leur intégration au sein d’institutions nouvelles.

Beaucoup de sociologues ont voulu trouver les meilleurs indices d’assimilation de ces groupes dans leur disparition totale, ce qui implique la renonciation à leur culture d’origine, la mise au pas de leur personnalité et leur atomisation au sein de la société qui les absorbe.

Cependant, dans la plupart des cas, l’assimilation n’entraîne pas une disparition aussi totale. On voit alors apparaître des structures diverses qui permettent au groupe candidat à l’assimilation de conserver certains traits caractéristiques et, en même temps, de jouer un rôle nouveau au sein de la société qui l’absorbe, tout en s’identifiant de plus en plus avec elle.

Bien souvent toutefois, il se produit au cours de ce processus diverses manifestations, d’inadéquation d’abord, de tensions sociales ensuite.

L’étude de l’assimilation sociale ressortit à la sociologie, à l’anthropologie, à la psychologie collective. Elle examine les divers stades de transformation des groupes nouveaux venus, les conflits qui peuvent résulter de leur arrivée, la réussite ou l’échec de ces tentatives et les conséquences variées de ce phénomène dans les différents types de société.

On désignera ces groupes par le terme de «candidats à l’assimilation» ou «candidats», ou encore «nouveaux venus». On désignera par l’expression «société d’accueil» le cadre à l’intérieur duquel ils vont s’intégrer.

 

Filiation

Les liens de filiation peuvent être approchés de plusieurs points de vue: biologique, anthropologique, juridique, psychologique, médical. Cette approche pluridisciplinaire moderne tend à occulter le fait que la filiation est d’abord et avant tout une construction normative qui assigne à l’individu une place dans la hiérarchie des générations et au sein de la société.

La filiation légitimée par le droit reste en effet irréductible à une approche simplement biologique. Ainsi, dans notre société, la filiation adoptive constitue un exemple où les liens par le sang sont rendus caducs par un acte juridique: celui-ci décrète que l’adopté n’appartient plus à sa famille par le sang et confère à la famille adoptive les mêmes droits et devoirs envers l’enfant que la famille biologique. Bien loin de constituer une fiction exceptionnelle dans un système par ailleurs soumis au raisonnement biologique, cet exemple manifeste le caractère fondamentalement déclaratoire de la filiation établie en droit. Notre Code civil distingue trois modes de filiation: la filiation légitime, lorsque l’enfant est issu d’un couple de parents mariés ensemble; la filiation naturelle, lorsque l’enfant est issu d’un couple de parents qui ne sont pas mariés ensemble, ou qui ne peuvent l’être, comme dans le cas d’un enfant incestueux; la filiation adoptive.

 

Tableau (non exhaustif) répertoriant les tendances « normales » admises par la majorité des citoyens français métropolitains

 

NORMAL

ANORMAL (Pathologique socialement)

Etre en bonne santé physique et mentale

La maladie, les déficiences, les incapacités, les handicaps

Respecter les lois (bien que certains irrespects qui semblent bénins passent pour normaux, ou admis dans les habitudes)

Etre hors la loi

La délinquance

Travailler et avoir un salaire

Etre au chômage

Avoir un cursus scolaire ordinaire

Etre en échec, ou en grandes difficultés scolaires

Le civisme, être citoyen, voter

L’incivisme, être asocial et ne peut s’impliquer civiquement

La civilité, la politesse, la courtoisie

L’incivilité, l’impolitesse, la goujaterie

L’opinion et la tendance politique acceptable

L’opinion ou la tendance politique extrême (fascisme, anarchisme…)

L’opinion et la tendance religieuse acceptable (catholique de préférence)

L’opinion ou la tendance religieuse « exotique », ou intégriste (quelque soit la religion)

L’appartenance à une secte

Mariage

Le concubinage

Avoir au moins un enfant

Etre mariés et n’avoir jamais eu d’enfant

Avoir un certain pouvoir d’achat

La pauvreté

Pudeur, sexualité privée, pratiques sexuelles admises

Exhibitionnisme, déviances sexuelles, homosexualité …

Avoir les biens de consommation les plus courants, notamment en électro ménager, sons et images.

 

Vivre avec le strict minimum, notamment ne pas avoir la télévision

Donner de soi une apparence extérieure personnalisée mais sans excès

S’habiller de façon excentrique, abondance de tatouages, de piercings, transformer son apparence de façon excessive

Avoir un minimum de culture générale

Illettrisme, analphabétisme

L’éthique professionnelle et la morale

L’irrespect des codes professionnels et moraux

 

 

 

 

 

 

 

Conformité et déviance

Il n’est pas de société dont les membres ne subissent un minimum de pression qui les amène à se conformer à certains modèles, à certaines règles (et par là même à se ressembler). Cette pression ne s’exerce d’une manière uniforme ni quant à l’intensité des contraintes qu’elle applique aux individus, ni quant aux directions qu’elle leur signale; elle n’est pas irrésistible et c’est souvent l’exigence de conformité qui ouvre les portes de la déviance lorsque le contenu des règles et des modèles s’est altéré et que leur rigueur se relâche, ou au contraire se resserre exagérément. Ces propositions sont généralement admises, mais leur élucidation amène les sociologues à se poser de difficiles questions sur les conditions et les mécanismes qui assurent la conformité, la nature et l’étendue de la ressemblance instituée entre les membres de la société, et inversement sur les différences, divergences ou oppositions que celle-ci tolère entre les individus.

Normalité et pôles de déviances : courbe gaussienne des actes normaux et des actes déviants

 

 

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Jean-Pierre PERRIN

Formateur ASH

Adresse de courrier électronique: jean-pierreperrin@orange.fr

Adresse de la page: http://pagesperso-orange.fr/ash-jpp/normpato.html

J'attends vos remarques, ajouts, et suggestions de présentation, merci d'avance.

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