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 1 LA MOTIVATION A APPRENDRE ET L'EVALUATION

Actualisation 15 mars 2013

2 Qu'est ce qu'un élève motivé ?

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On parle de plus en de démotivation des élèves et des étudiants.
Les enseignants mobilisent de plus en plus leurs efforts sur la motivation des apprenants .
Les recherches sur la motivation à apprendre ont pris un essor considérable depuis une décennie.


Définitions :

L’apprentissage, c’est le cognitif pour les contenus, les stratégies personnelles, les processus en œuvre.

C’est aussi le conatif : l’énergie à vouloir apprendre, l’envie, la curiosité et donc la motivation.

 

"C'est l'aspect dynamique du comportement" Joseph Nuttin
"C'est l'énergétique des conduites" Jean Piaget
La motivation correspond à ce que l'on veut faire par opposition à la compétence qui correspond à ce que l'on sait faire.
On peut donc tout à fait être capable de faire quelque chose, et choisir de ne pas le faire, car rien ne nous motive. Etre motivé c'est avoir envie de...

Origine
La motivation prend naissance lorsqu'un individu perçoit la situation actuelle comme insatisfaisante ou insuffisamment satisfaisante et qu'il peut imaginer une situation future qui serait devenue totalement ou assez satisfaisant pour lui, il est alors en situation de tension, de désir, d'envie. Là il est en équilibre entre la situation vécue et la situation attendue, il est dans l'envie et désir, et il ne pourra l'atteindre qu'en créant un déséquilibre, en entrant dans l'action qui l'orientera vers ce qu'il espère atteindre.

Motiver
Pour provoquer la motivation, il faut donc créer un déséquilibre intellectuel. C'est sur ce principe que repose le principe donné par John Dewey à un enseignant débutant: " Commencez toujours une leçon en posant un problème" , ou encore " Toute leçon doit être une réponse à un problème" .
Si l'élève est intéressé, accroché, par le problème posé et s'il a envie de connaître la solution, il suivra la leçon, car celle-ci doit lui fournir la réponse attendue. Le pédagogue pourra alors conduire l'apprentissage sans grande difficulté.
Les difficultés surgissent lorsque l'apprenant ne se croit pas compétent pour accéder à la solution, ou encore ne voit pas en quoi l'apprentissage qu'on lui propose peut lui être utile.
Cette perte de sens signifie que la situation attendue comme satisfaisante ne peut être, dans ces conditions, conçue mentalement, ou imaginée. Motiver un élève c'est donner du sens à ses apprentissages en les finalisant autrement que par une motivation extrinsèque.

Les deux principaux types de motivations
Les psychologues identifient deux grands types de motivation: la motivation extrinsèque et la motivation intrinsèque.

1. La motivation extrinsèque
, est provoquée par une force extérieure à l'individu, c'est à dire lorsqu'elle est obtenue par la promesse de récompenses, ou par la crainte de sanctions.
2. La motivation intrinsèque, dépend de l'individu lui-même. Il se fixe ses propres objectifs, construit des attentes, et le renforcement est obtenu par l'atteinte des objectifs qu'il s'est fixé lui-même.

Une situation d'apprentissage motivante
Doit offrir aux élèves un défi à relever, leur permettre de faire des choix et favoriser l'échange et la collaboration dans la classe. Un travail de recherche, un projet d'équipe sont plus susceptibles de motiver les élèves qu'un exposé magistral.


L'activité motivante:

_ Doit avoir: des objectifs clairs correspondants aux besoins repérés des élèves
_ Doit être reconnue par les élèves comme utile et leur permettant d'accéder à de nouveaux savoirs
_ Représenter l'accès à un niveau d'acquisition qu'ils n'ont pas encore mais qu'il est raisonnablement possible d'atteindre en faisant les tâches proposées
_ Donner l'occasion de faire des choix
_ Passer par l'utilisation de stratégies de résolution de problèmes
_ Avoir recours à des connaissances déjà acquises dans différents domaines


Une évaluation motivante
Doit permettre de constater les progrès accomplis plutôt qu'une simple mesure ponctuelle de l'état des connaissances ou le niveau de réussite par un rapport à des consignes données. Les critères d'évaluation étant connus des élèves, on peut aller par la suite jusqu'à l'autoévaluation. Il faut également donné à l'élève la possibilité d'exprimer ses stratégies et de réfléchir sur ses propres apprentissages (Métacognition).


Les récompenses
Pour qu'un individu apprenne à se créer des structures de motivation et de renforcement personnelles, pour qu'il apprenne à définir ses propres objectifs, à bâtir des stratégies pour les atteindre, à être satisfait lorsqu'il les a atteint et à ne pas renoncer en cas d'échec, il faut impérativement qu'il fasse de multiples expériences de succès soutenues par des motivations extrinsèques et des renforcements externes (félicitations, valorisations, relations d'empathie enseignants-élèves, soutien et aide en cas de difficultés bloquantes...), c’est ce qu’on appelle le renforcement positif, à l'inverse le renforcement négatif se produit lorsque l'élève est dans une spirale d'échecs à cause des notes déplorables qui lui sont assénées.
Les récompenses ont un effet positif à court terme mais nuisent à la longue à la motivation. Certains chercheurs ont montré que récompenser des élèves pour une activité qu'ils jugent d'emblée intéressante entraîne chez certains une baisse de motivation, car cela casse la pointe de challenge et de défi qui leur semblait stimulante à la présentation de l'activité, nuit à l'expérimentation et au tâtonnement et les empêchent de prendre des risques dans leur apprentissage.
L'encouragement et la reconnaissance du travail accompli demeurent les stratégies les plus efficaces pour motiver les élèves à se lancer dans les activités pédagogiques proposées par l'enseignant.

Pédagogie de la réussite et motivation vont ensemble, le succès appelle le succès, l'échec entraîne l'échec. Tout cela participe à la restauration de l'estime de soi chez ces enfants que l'école a souvent dévalorisé.

 

Conclusion
Progressivement, si la formation est bien conduite (et si la chance sourit à l'enseignant), on peut espérer que les motivations de l'élève se modifieront peu à peu et qu'il deviendra progressivement moins dépendant des renforcements extérieurs. C'est cette préparation à l'autonomie qui le conduira au stade adulte, ce qui est évidemment l'une des finalités de l'éducation. Former des adultes autonomes et responsables c'est privilégier les motivations intrinsèques qui permettront à ces futurs adultes d'agir à partir de leur propre échelle de valeurs en cohérence avec celles du milieu social dans lequel ils évolueront.

 

 

 

Bibliographie recommandée et références utilisées

Apprendre autrement O. Clouzot-A. Bloch Ed. D'ORGANISATION 1981
L'apprentissage de l'abstraction Britt-Mari Barth RETZ 1987
Apprendre...oui, mais comment Philippe Meirieu ESF 1987
J Nuttin : théorie de la motivation humaine. Du besoin au projet d'action. PUF 1991

Penser et agir l'éducation Charles Hadgi ESF 1992
Le savoir en construction Britt-Mari Barth RETZ 1993
R.J Vallerand et E.E.Thill (dir) introduction à la psychologie de la motivation Vigot 1993

A Mucchielli : les motivations PUF "que sais je ?" 1992

Motivation, projet personnel, apprentissages Monique Croizier ESF 1993
Méthodes pour apprendre à l'école, au collège Brigitte Chevalier NATHAN 1993
Petit vocabulaire de pédagogie F. Raynal-A. Rieunier IPNET 1994
A Lieury F Genouillet motivation et réussite scolaire. Dunod 1996

C Delannoy la motivation Hachette éducation 1997

R Viau. La motivation en contexte scolaire De Boeck Université 1997

Sciences humaines n° 97 aout-septembre 1999 : Les ressorts de la motivation

Education permanente n°136 Motivation et engagement en formation

 

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Qu'est ce qu'un élève motivé ?

A partir du site : http://www.pedagopsy.eu/L'encyclopédie de la psychopédagogie
 

Nous avons tous tendance à employer ces mots magiques (motivation, problème affectif) quand nous ne savons plus quoi dire, quand le problème nous échappe, qu'un élève ne travaille pas et, plutôt que de rester sur du vide, nous préférons ces mots bouche-trous.

<<Pierre n'est pas motivé dans son travail>> veut simplement dire:

<<Je ne sais pas pourquoi Pierre ne travaille pas>>

Alors: Ou on se déculpabilise avec ce terme "motivation", ou on a envie de chercher

"Pourquoi Pierre ne travaille pas?"

 

Il serait possible aussi de:

-suivre le conseil de Descartes : séparer le complexe en éléments simples, il y a des questions d'apprentissage et des questions de motivation. Il faut motiver les élèves et ensuite on pourra faire un bon apprentissage. D'où la recherche de trucs, de recettes, d'outils de motivation pour passer ensuite à la chose sérieuse : l'apprentissage. Piaget faisait, à ce sujet, la comparaison avec une locomotive (la motivation) et des wagons tirés par la locomotive (les éléments de l'apprentissage).

 - ou bien, après avoir séparé les deux aspects (affectif et cognitif), envoyer balader l'un comme n'étant pas de notre ressort ou n'étant pas "scientifique" et ne s'occuper que de l'autre. Les enseignants sont chargés de l'apprentissage et les assistantes sociales, les éducateurs, les psychologues des problèmes affectifs.

 

Aucune de ces réponses ne nous paraît satisfaisante du point de vue scientifique. Que faire alors ?

Trouver de nouvelles recettes ? On les oubliera sans doute bien vite et elles risquent d'être aussi inefficaces que les autres.

C'est pourquoi, je n'aurai l'ambition, ici, de n'apporter que quelques lumières sur les phénomènes, les mécanismes, les processus sous-jacents à toutes ces questions.

C'est une méthode qui peut paraître plus ingrate que celle qui cherche à donner une réponse immédiate.

Dans les phénomènes d'apprentissage nous avons souvent à apprendre à nos élèves à faire des détours pour trouver une réponse, à différer le plaisir immédiat par un effort préalable. Je crois que nous avons, nous aussi, à faire cet effort si nous voulons réellement devenir plus efficaces, non dans l'imaginaire par des procédés magiques, mais dans la réalité par un labeur de tous les jours.

Comprendre les mécanismes de la motivation c'est comprendre comment un élève se représente une discipline et l'investit.
 

Qu'est-ce que le concept "d'investissement"?

 

Il pourrait avantageusement remplacer celui de "motivation". Regardons le dictionnaire LEXIS de Larousse.

a)investir "(du latin investire, de vestir) procéder à une cérémonie d'investiture en remettant solennellement un objet symbole de la dignité concédée" par exemple un vêtement qui recouvre la personne.

b) investir "(repris de l'italien investire: attaquer) investir une ville, une position..."un château fort.

c) investir "(de l'anglais to invest) Placer de l'argent, des capitaux pour en tirer profit.»

d) investir "(de l'allemand besetzen, occcuper)

1-psychanalyse: Conférer à une représentation une forme d'énergie psychique.

2- donner à quelque chose une signification personnelle, lui attacher des valeurs affectives."

On retrouve dans toutes ces définitions ce qui caractérise la représentation d'une matière

Par exemple "investir les mathématiques":

-c'est les envelopper d'un fantasme (comme un vêtement) qui leur confère un intérêt

-c'est les entourer, les attaquer pour en faire sa chose (voir ex: Pierre )

-c'est y placer son intérêt pour en tirer un profit

-c'est en définitive y appliquer une forme d'énergie qui donne aux maths une signification personnelle, une valeur personnelle

Ces conditions sont:

- la mise en place d'un cadre sécurisant

- la mise en place d'une possibilité de parole des élèves sur leur travail (d'où la nécessité pour l'enseignant de savoir écouter)

- la mise à leur disposition de méthodologies actives (Freinet, la main à la pâte etc.)

Conséquences pratiques

Il y a un retournement de situation, ce n'est plus au professeur de "motiver" ses élèves, mais aux élèves "d'investir" leur travail grâce aux conditions propices proposées par l'enseignant.

Donner une signification personnelle à son propre travail (avoir une représentation positive de ce travail) n'est possible que si l'élève:

- a le sentiment d'être en sécurité,

- peut s'exprimer sur ce travail, et se sent partie prenante (actif) dans la tâche.
 

Les 7 principes de la motivation des élèves

 

La motivation est "interne" ou "externe" à l'élève. La motivation externe est connue, elle se réduit à " la carotte ou le bâton", les bonnes notes et les punitions, c'est la méthode de dressage des animaux...et il ne faut pas oublier que l'homme est un animal! ... Mais pas seulement! Ce qui le différencie de l'animal c'est son imaginaire. La motivation interne s'appuie sur cet imaginaire.
 

Principe 1: La motivation a besoin de sécurité et d'espace de liberté

Pour la sécurité il faut un cadre , un contenant (ici on ne peut pas faire n'importe quoi...) S'il n'y a pas ce cadre, ce contenant bien solide, l'élève est trop préoccupé par ses émotions, peurs, angoisses (je vais être puni, on va se moquer de moi ......) mais en réalité ce sont des peurs ou angoisses de ne pouvoir contenir soi-même ses propres pulsions agressives et autres pulsions redoutées. Autrement dit peurs, angoisses d'un imaginaire débridé qu'on ne pourrait plus contrôler soi-même. Le cadre est là pour rassurer. Et dans la mesure où l'élève le sent solide et pense pouvoir s'appuyer sur lui pour contrôler son imaginaire, il retrouve la possibilité de s'intéresser à autre chose qu'à ses affects.

Les élèves eux-mêmes réclament souvent une sévérité plus grande de la part des enseignants; c'est leur façon de manifester qu'ils ont besoin de ce cadre rassurant pour pouvoir travailler. Ce cadre doit être solide sans pour autant tout maîtriser; car il doit clairement définir un espace de liberté

un espace de liberté; le cadre ne doit pas ressembler à une cage, car l'investissement de l'élève n'y serait plus possible; Dans un exercice où tout est programmé, qui ne peut être qu'exécuté (par obéissance et non par intérêt) l'élève peut, certes, y trouver de la sécurité mais guère de plaisir. Ceux qui aiment les exercices "mâchés" où on avance pas à pas, sont à la recherche de sécurité plutôt que de plaisir et d'intérêt. Si l'enseignant cherche à tout maîtriser dans sa classe, alors il n'y a plus de cadre ni d'espace de liberté, tout est confus.

Or il faut être conscient que nous avons tendance à essayer de tout maîtriser pour notre propre sécurité; avec l'illusion que tout marchera mieux si tout se passe comme nous l'avons prévu. La distinction claire, pour tous, entre ce qui est le cadre et ce qui fait partie de l'espace de liberté est donc fondamental. Le cadre impose les contraintes, l'espace de liberté favorise l'expression des élèves et en particulier leur motivation. Cette condition est valable pour tous les élèves.

Un exemple: Le temps pendant lequel l'enseignant organise un échange entre élèves sur le vécu d'une discipline... Le cadre est obtenu par les consignes données aux élèves (on ne parle pas tous en même temps etc...) et l'enseignant devra les faire respecter scrupuleusement; l'espace libre c'est la possibilité qu'a l'élève, quand il a la parole, de dire ce qu'il ressent vraiment. (sans être jugé, ridiculisé etc...).
 

Principe 2: La motivation s'installe si le thème étudié a un rapport plus ou moins direct avec certains des intérêts de l'élève. En s'observant soi-même on est bien obligé d'admettre qu'on ne s'intéresse pas à tout, qu'on n'est pas "motivé" pour tout, qu'on privilégie certains secteurs (ce n'est pas pour rien qu'on est devenu prof de telle matière et pas d'une autre!). On peut observer également qu'on se souvient mieux des faits, évènements, thèmes qui nous ont touchés, montrant ainsi que la motivation est un élément important de la mémorisation. Une deuxième condition est donc de permettre aux élèves (dans la mesure où c'est possible) d'exercer un certain choix sur le sujet, la méthode, le moment où on apprend... On pourrait laisser choisir les thèmes de TPE par exemple et non les distribuer selon son propre intérêt ou ses propres connaissances, demander aux élèves quels sujets il faudrait approfondir ou bien faire préparer des sujets différents par plusieurs élèves.... Evidemment cela ne peut être fait pour tout, mais on peut garder ce principe à l'esprit ..... 

Il n'y a pas de thème universellement motivant, d'outil universel, de gadget. Ce qui a pu réussir dans une classe ne marche pas forcément dans une autre, ce qui a été favorable une année ne l'est plus l'année suivante, ce qui a été utilisé avec succès par un collègue échoue avec nous...

Le métier d'enseignant ne consiste pas à appliquer de "bonnes pratiques" définies une fois pour toutes mais relève davantage d'un art qui se travaille et se cultive, d'une capacité d'écoute du groupe et des élèves qui permet, par expérience, de poser l'hypothèse que pour cet élève ou cette classe il est préférable de pratiquer ainsi. Les temps où la parole est libre (...dans un cadre défini) sont précieux pour entrevoir les fantasmes du groupe, les intérêts des uns et des autres et pour essayer ensuite d'en tenir compte dans la structuration de sa classe et de son programme, sans être obnubilé par ce dernier (Voir: Notre attitude par rapport au temps)
 

Principe 3: La motivation peut être aidée par la mise en place d'un cadre construit autour d’un "objectif commun"

Les jeunes sont alors "actifs" et "responsables": penser à la mise en place d'une chorale, d'une pièce en latin ou d'un auteur classique etc... L'objectif commun sera à l'origine de phénomènes de groupes (désir d'appartenir au groupe // bande de jeunes). Il donnera la possibilité de se sentir en responsabilité vis-à-vis de ses camarades, de trouver parfois une place particulière (un rôle) qui valorise; il n'est plus seulement un individu dans une classe. De plus c'est l'occasion de sortir d'une position passive où il faut enregistrer ce qui est dit (position mal vécue par certains élèves qui la considèrent dans leur imaginaire comme position féminine). (Voir: La peur d'apprendre). Ces élèves auront alors la possibilité d'accéder à une position active dans laquelle ils incarneront plus facilement certains éléments de leurs désirs imaginaires.  

Il faut qu'ils puissent mettre en acte, sous une forme sublimée, ces désirs à la base de leur motivation interne, (on peut retrouver, par exemple, Jean Pierre qui a l'impression de détruire un mur quand il fait un problème (voir: Jean Pierre ). "Sous une forme sublimée" c'est-à-dire acceptable dans le cadre défini précédemment. Si Jean Pierre n'était pas dans une classe où il doit faire des mathématiques, que détruirait-il dans la réalité? Bien des violences pourraient avoir ainsi un destin autre que dans la réalité.

Cette valorisation que le jeune trouve dans ces constructions collectives lui permet de modifier l'image qu'il a de lui-même. Les compliments, réussites, réassurances donnés par l'enseignant, les camarades, parfois le public, sont des éléments de l'évolution continuelle de cette image montrant ainsi que la motivation est également liée à "l'image de soi".

Cependant certains élèves ont du mal à s'intégrer dans un groupe; ils ont peur du groupe; ils ont peur d'être absorbés, détruits par le groupe; d'autres ne sont capables que de se réfugier dans la passivité (ce sont parfois de bons élèves!!).
 

Principe 4: La motivation peut être suscitée par certaines techniques: le jeu, la compétition...

Le jeu est universel (voir le livre de Winnicott), il persiste même chez les adultes, cela montre son importance. C'est le lieu où l'imaginaire peut s'exprimer sans danger, sans conséquences dans la réalité, C'est un moyen de s'exercer à des situations nouvelles sans prendre trop de risque (voir le jeu de rôle). C'est le moyen d'apprentissage de l'enfant qui peut imiter "les grands" et ainsi assimiler des schèmes de comportement liés à ses désirs (son imaginaire). C'est le moyen pour s'identifier à des adultes qu'il aime ou craint (le jeu de la maîtresse, le jeu du docteur avec une poupée...). Certains élèves veulent ressembler à la maîtresse, d'autres devenir enseignant comme tel professeur qu'ils ont eu...

Dans le jeu on retrouve le cadre (les règles du jeu) et l'espace de liberté (le jeu lui-même où l'imaginaire peut s'exprimer).

Dans le jeu on peut faire intervenir la compétition. La compétition peut s'exercer entre élèves mais aussi avec soi-même ou encore entre équipes (plus supportable pour bien des élèves). Il y a une différence entre la compétition dans un jeu (sans conséquence dans la réalité) et la compétition par les notes d'un devoir (au pire rendu aux élèves par ordre décroissant!!) ou la compétition par la remise de Prix en fin d'année. Mais cette condition, là encore, n'est pas valable pour tous les élèves: certains aiment jouer, pas d'autres; certains aiment la compétition, pas d'autres.

Les TBI (Tableau blanc interactif) peuvent apporter cet aspect ludique, à condition, comme pour tout outil, qu'il ne soit pas utilisé à l'ancienne, façon cours magistral, mais comme moyen donné aux élèves d'être plus actif s, créatifs et participatifs.
 

Principe 5: La motivation peut encore être éveillée par certains dispositifs : travail par deux, par petit groupe... :

En effet ce travail à plusieurs permet de relancer l'intérêt de l'un par l'intérêt de l'autre. Un élève ne peut soutenir son attention durant plusieurs heures et l'enseignant ne peut rappeler à l'ordre chaque élève continuellement. Dans un petit groupe les élèves ne sont pas inattentifs ensemble, au même moment; si l'un ne fait plus attention, les autres vont instinctivement le relancer; l'entraide joue. C'est en fonction de l'objectif visé que l'on déterminera la composition des groupes. Veut-on utiliser avoir fixé le cadre (tant de personnes par groupe, par exemple). Veut-on stimuler la motivation générale par la compétition de groupe; on constituera l'amitié pour motiver certains; on laissera alors les élèves constituer leurs propres groupes après en des groupes équilibrés etc... Là encore, il faut savoir s'adapter et varier les dispositifs d'apprentissage dans une classe.

On peut en quelque sorte parler de "motivation de groupe" (par opposition à la motivation individuelle), il s'agit là encore du fantasme qui préside dans une classe (l'atmosphère de classe). L'enseignant peut réfléchir aux dispositifs (ingénierie de formation) qui peuvent faciliter la création d'une atmosphère de travail. Chaque enseignant peut être centré davantage sur la motivation individuelle ou celle de groupe suivant ce qu'il est. suivant sa propre attitude vis-à-vis des groupes (voir: Comment je me représente ma classe?)
 

Principe 6: La motivation requiert la perte de l'illusion que tous les élèves doivent être tout le temps motivés en classe!

Un élève doit pouvoir apprendre à travailler sans être motivé. Il en est de même pour nous: notre motivation à corriger des copies n'est pas la même que celle de préparer un cours ou de le faire. Il y a des fois où "C'est barbant mais il faut bien!»On peut le dire aux élèves qu'on n'est pas "motivé" aujourd'hui ou pour telle partie du cours mais que devenir adulte c'est pouvoir aussi faire, par moment, des choses pour lesquelles on n'est pas motivé ! Le montrer pour soi est souvent plus efficace que de le dire de façon générale (toujours à cause du processus d'identification: "j'ai le droit moi aussi de ne pas être motivé parfois puisque la maîtresse l'est, ce n'est pas coupable, mais cela ne me dispense pas de faire ce que j'ai à faire".

On ne s'étonnera donc pas non plus que certaines classes soient "plus motivées" que d'autres ou que certaines années les élèves soient plus motivés. On aura peut être seulement à en chercher des raisons mais pas à se sentir coupable de cet état. Et les raisons peuvent être multiples: atmosphère de la classe c'est-à-dire fantasme collectif qui règne dans cette classe (voir:Ecoute d'un groupe); la composition de la classe (nombre de redoublants, originaires de classes diverses l'année passée ou d'une seule...), les professeurs qu'ils ont eus l'année d'avant (méthodes de travail ou cadre différents...) etc...

Une illusion?
 

Principe 7: Nécessité de perdre l'illusion qu'on peut "contrôler" la motivation des élèves:

La plupart du temps on ne saura pas pourquoi tel élève est motivé et pas l'autre, car la motivation s'inscrit dans un processus qui est souvent inconscient (voir: entretien en maths..); elle est liée à "l'investissement" de l'élève dans telle discipline (voir: Qu'est-ce qu'un élève motivé?). Vouloir "motiver" tous ses élèves est le même fantasme que vouloir les faire tous réussir; c'est se croire tout-puissant. Quand la réalité s'impose, alors nous nous sentons coupables. La culpabilité est le prix à payer pour garder ce fantasme de toute-puissance! Nous avons à naviguer entre ce fantasme, le désintérêt, le dilettantisme et la passion pour notre travail et pour les élèves !

La motivation externe est bien commode, simple et bien pratique et c'est habituel de l'utiliser, mais un enseignement qui ne s'appuie que sur elle encourage la dépendance à l'opinion d'autrui (le prof, mes parents seront contents ou non...). La relation à la discipline (maths, langue...) n'est pas encouragée; l'élève travaille pour la bonne note, pour faire plaisir à son enseignant, ses parents ou bien il travaille par peur de la mauvaise note, des punitions, des résultats aux examens. L'intérêt pour la recherche, le savoir, la découverte n’est pas là. On peut vraiment assurer que tel type d'enseignement entraîne tel type d'éducation; les deux sont liés. (Voir: Instruire ou éduquer )

 

On peut chercher à réfléchir à l'attitude que l'on a vis-à-vis de la motivation grâce à trois échelles:

Liberté dans la classe <-------------------------------------------------------------> Recherche de maîtrise

Attention à la motivation interne <------------------------------------------> Attention à la motivation externe 

Attention à la motivation groupale <------------------------------------> Attention à la motivation individuelle

 

Comment se situe t-on sur chacune de ces échelles?

- on laisse beaucoup de liberté ou on cherche à tout maîtriser ? (Voir le questionnaire: Attitude vis-à-vis des élèves)

- on motive les élèves par des notes, récompenses, où on cherche à favoriser une motivation interne (investissement)

- on cherche à motiver les individus ou à motiver la classe (phénomènes de groupe, travail de groupe, se servir des interactions entre élèves)

 

Voir également:

Ensemble de liens (Liège): http://www.csdeschenes.qc.ca/snaps/motivation.htm

Complexification de cette notion par Ardoino: http://www.barbier-rd.nom.fr/motivation.htm

La motivation du point de vue de l'entreprise: journaldunet.com/management/motivation

La motivation d'un point de vue médical: doctissimo.fr/html/psychologie/motivation

Se motiver à apprendre Par Benoît Galand: cafepedagogique.net/

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Jean-Pierre PERRIN

Formateur ASH

Adresse de courrier électronique: perrinjp2@wanadoo.fr

Adresse de la page: http://pagesperso-orange.fr/ash-jpp/motivati.html

J'attends vos remarques, ajouts, et suggestions de présentation, merci d'avance.

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